Dans le milieu des années 70 on constate que le type d’urbanisme choisi, favorisant les grands ensembles, est une erreur. En effet, les fractions les plus défavorisées des classes populaires s’y retrouvent concentrées, leur situation économique se dégradant, la situation sociale y est très fragile et explosive. L’intervention sociale traditionnelle, qui s’adresse principalement aux individus, s’avère peu efficace face à ce type de problème. On tente alors d’infléchir cette orientation en recommandant de prendre en compte en tant qu’unité d’action sociale un territoire et non un individu : l’intervention sociale sera ainsi territorialisée, combinant l’urbain et le social. La notion de projet est alors introduite, les différents acteurs doivent organiser l’intervention publique à partir de projets collectifs, le métier de Chef de Projet se crée.

Véritable « chef d’orchestre qui doit fédérer autour du projet, coordonner les chargés de mission et avoir une vision transversale et globale du projet », le chef de projet doit mettre en œuvre les orientations stratégiques de la collectivité en matière de développement et de redynamisation d’un territoire, sur un mode partenarial et selon plusieurs thématiques possibles, et assumer le pilotage et la contractualisation des projets. Il coordonne et anime également une équipe d’agents de développement[1].
Le master Conduire et Evaluer les politiques publiques que j’ai suivi à l’Université Paris XIII, prépare efficacement au métier de chef de projet de par sa conception pluridisciplinaire. La fonction de chef de projet sera certainement accessible qu’après l’acquisition d’une première expérience en tant que chargé de mission dans l’une des thématiques de la politique de la ville ou en tant qu’assistant de chef de projet. Selon l’une des chefs de projet rencontrées, les petites communes demanderont des personnes opérationnelles immédiatement du fait de la taille réduite des équipes, alors que des villes plus grandes auront souvent des équipes plus étoffées qui permettront d’éviter de placer le nouveau chef de projet en première ligne. La structure la plus pertinente à contacter lors de nos premières recherches d’emplois pourrait être le Conseil Général car notre master nous a donné les capacités d’analyse et de recul nécessaires et l’expérience de terrain y est moins incontournable. Il ne faut pas négliger non plus les entreprises et les associations.
En ce qui concerne les évolutions de ce métier, deux thématiques ont été dégagées : l’évaluation et la démocratie locale qui semblent se diffuser de plus en plus largement au sein des collectivités dans lesquelles nous serons amenés à travailler.
Enfin, reste à noter la nécessité de mobilité : « c’est un poste sur lequel on ne peut pas rester longtemps car il faut rester réactif et inventif, la routine est dangereuse, C’est d’ailleurs pour ça que je ne conçois pas mon poste comme un poste de fonctionnaire : cela aide à gagner la confiance du maire et permet d’avoir une certaine stabilité, mais il ne faut pas s’endormir sur ses lauriers ».
[1] Critères de la fiche de poste d’un chef de projet de développement tels que figurant sur les annonces d’offres d’emploi.



