
Un toit pour toi… Un toit pour tous
17 mars 2009 Madame X et ses enfants
Tout l’hiver sans chauffage
Caravane pour des gens
Même pas du voyage
Et pourtant comme elle dit
C’est pas elle la plus mal lotie
Elle en connaît qui couchent dehors
Dans les parages
Quand y’a toutes ces voitures de sport
Dans les garages
Madame va savoir comment
Fait deux fois plus que son âge
Elle s’endort avec des gants
Au fond d’un sac de couchage
Et pourtant comme elle dit
C’est pas elle la plus mal lotie
Elle en connaît qui restent
Accrochés aux grillages
En espérant qu’un camion
Manque le virage
C’était un pays charmant
C’était un pays comme il faut
Elle dit, elle dit maintenant
Maintenant on prend
Quelques photos des mourants
Au lieu de leur donner de l’eau
Elle dit pas ça méchamment
Pour l’instant
Madame X et ses enfants
Toujours pas de chauffage
Toujours pas de chauffage
Francis Cabrel, Madame X

Travailler plus pour gagner plus… l’envers du décor
11 février 2009

Caricature empruntée au site de l'iFRAP
Travailler plus pour gagner plus… Même à l’époque où notre “cher” Président (référence à son augmentation de salaire) a eu cette illumination ça m’avait fait m’étrangler ! Maintenant, ça me fait hurler, et pas de rire. Bien sûr, il n’y avait pas encore “la crise”, ce mal insidieux qui s’est infiltré dans notre petit monde, pour le frapper “sans prévenir” et sans pitié, mais quand même !
Ah la jolie de petite phrase “travailler plus pour gagner plus” ! Elle semblait même inoffensive, vue comme ça, sans trop creuser… Oui mais voilà, il y en a toujours pour creuser. Enfin, creuser, pas tant que ça quand même. Il m’a suffit de penser à ma meilleure amie, qui élevait seule ses trois enfants avec un salaire d’aide à domicile. Salaire moyen = 1200 €, net bien sûr(1), pour un travail qu’elle adorait, certes, mais qui lui faisait quitter son domicile à 7h30 le matin et n’y revenir qu’à 20h. Alors, comment on fait pour travailler plus là ? Le week end ? Déjà fait ! La nuit ? No comment. Et dire qu’aujourd’hui elle se sent privilégiée !
Maintenant la situation de l’emploi se dégrade à vitesse triple grand V, les annonces de plans de licenciements se succèdent à un rythme terrifiant. Et malgré cela, on maintient les suppressions de postes dans l’Education Nationale et la Fonction Publique ! Au moment même où le besoin de service public va se faire encore plus criant…
Alors ce “travailler plus pour gagner plus”, avec ses heures sup défiscalisées ? Définitivement une vraie Fausse Bonne Idée ! Une partie de la population doit se tuer à la tâche pour gagner de quoi survivre, week-end compris, quand une autre partie devra pointer au tout nouveau pôle emploi…
Même travailler plus pour gagner un peu, on voudrait bien… mais on ne peut point !
(1) Avec ça on est dans la classe “moyenne” ? j’arrête, je vais encore m’énerver…

UN HOMME, UNE VILLE, UNE VIE
30 janvier 2009
Rarement le nom d’un homme a été associé aussi étroitement à celui d’une ville que celui de Gilbert Bonnemaison, bâtisseur d’Epinay sur Seine.
Ce grand monsieur, ce Maire à vélo, est entré - et est resté – dans la mémoire collective des Spinassiens, des acteurs de la prévention de la délinquance en France, en Europe et au delà, et, évidemment, dans celle de tous les socialistes.
D’abord Maire-Adjoint, Gilbert est élu Maire d’Epinay sur Seine en 1967. La population lui renouvelle sa confiance pendant 28 ans ! Ses combats se déroulent aussi à d’autres échelons : Député de la première circonscription de la Seine-Saint-Denis, il est également Conseiller général de notre département et Conseiller régional d’Île-de-France. En 1995 il passe la main à Bruno Le Roux.
Spécialiste des questions de sécurité, son nom reste associé au rapport de la commission qu’il préside sur le sujet en 1982 : “Face à la délinquance : prévention, répression, solidarité”. Ce rapport, toujours d’une étonnante actualité, préconise une coopération entre l’État et les collectivités territoriales pour mener des politiques de prévention s’appuyant sur le tissu associatif. Il est également à l’origine de la création des Conseils de prévention de la délinquance à leurs différents niveaux territoriaux. Pris pour modèle hors de nos frontières, le « système français » de prévention de la délinquance conçu par Gibert fait école aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Australie ou encore en Amérique latine.
Figure de l’Union de la Gauche, Gilbert organise en 1971, à la demande de François Mitterrand, le Congrès d’Épinay, qui voit le futur président de la république prendre la tête du Parti socialiste.
Cela fait un an qu’il n’est plus parmi nous. Il est parti, pas en vélo cette fois, mais toujours avec l’espoir que les forces unies de la gauche reviennent gérer sa ville. Nous n’oublierons pas son souhait et ne trahirons pas son espoir.
Il reste avec nous, et en ce moment de souvenir, je pense fort à Claudine, Hélène, Valérie, à ses petits enfants, mais aussi à tous les petits Spinassiens qui ont grandi dans la ville qu’il a construite.
Mes hommages, cher Gilbert, j’ai connu l’œuvre avant le personnage, mais quel personnage !

Je présente mes excuses aux agents de la SNCF
16 janvier 2009
Mesdames et Messieurs les agents de la SNCF,
N’en déplaise à mes concitoyens râleurs de la gare Saint Lazare, je pense que c’est nous qui vous devons des excuses ! Enfin, quand je dis nous, je veux dire l’Etat, dans le sens où celui-ci est censé représenter le peuple…
Oui, nous vous devons des excuses. Sous prétexte que vous assumez une mission de service public nous vous dénions des droits fondamentaux : celui, élémentaire, de la sécurité dans l’exercice de votre travail ainsi que celui, (serait-ce un luxe ?) de travailler dans des conditions à peu près normales en terme de cadence et d’effectifs.
D’accord, ce n’est pas drôle de ne pas pouvoir accéder à son train… Mais est-ce “drôle” d’avoir peur d’aller travailler ? Est-ce “drôle” de subir des cadences infernales du fait du manque de moyens humains ?
Alors oui, je vous présente mes excuses, à la place de tous ceux qui ne veulent pas le faire. Et je vous remercie pour ces innombrables fois où mon train est arrivé à l’heure.

Le maigre bilan du Plan Banlieue, la faute aux hauts fonctionnaires…
21 décembre 2008A quelques semaines du premier anniversaire du Plan Banlieue, force est de constater que la situation n’a pas changé pour nos quartiers… Du moins pas en mieux !
Chômage, logement, enclavement, éducation, sécurité, toujours les mêmes difficultés. Vous me direz, la crise n’arrange pas les choses, quand tout va mal il faut agir partout… Bien sûr. Mais tout est dans la manière et dans le choix des priorités ! J’ai par exemple beaucoup de mal à comprendre que l’on ”permette” aux salariés de travailler jusqu’à 70 ans alors que tant de jeunes sont privés d’emploi, que l’on supprime des dizaines de milliers de postes au sein de l’éducation nationale et de la fonction publique en général alors que les besoins sont criants, que l’on s’en prenne aux Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté (RASED) ou aux écoles maternelles alors que l’on dit faire une priorité de la lutte contre l’échec scolaire…
Pour en revenir au Plan Banlieue, Mme Amara nous expliquait aujourd’hui sur I télé pourquoi “cela n’allait pas assez vite” : “certains hauts fonctionnaires freineraient des quatre pieds” sa mise en oeuvre… Voilà ! Tout s’explique… Ce n’est surtout pas le manque de financement ni de réel engagement politique !
Et si Nicolas Sarkozy n’a pas réussi à “aller chercher la croissance”, c’est simplement parce qu’il n’a pas trouvé un assez bon dentiste !
Mais oui. Bien sûr. “Et la marmotte…”


